TÉLÉCHARGER LE TABERNACLE DES LUMIÈRES

TÉLÉCHARGER LE TABERNACLE DES LUMIÈRES

TÉLÉCHARGER LE TABERNACLE DES LUMIÈRES

Sa Lumire est semblable un Tabernacle o se trouve une Lampe ; la Lampe est dans un Verre; le Verre est comme un astre brillant; elle est allume grce un Arbre bni, un olivier, ni d'orient ni d'occident, dont l'Huile clairerait, ou peu s'en faut, mme si nul feu ne la touchait. Lumire sur lumire. Dieu guide vers Sa Lumire ceux qu'Il veut.

Nom: le tabernacle des lumières
Format:Fichier D’archive
Version:Nouvelle
Licence:Libre!
Système d’exploitation: Android. iOS. MacOS. Windows XP/7/10.
Taille:46.26 Megabytes

Il disait ; le pire des initiés est celui qui passe son temps à la porte du gouverneur pour lui demander les choses de ce monde. Il disait aussi ; les meilleurs sont ceux qui viennent intercéder pour les gens auprès du gouverneur.

Le Tabernacle des Lumières - (Aa'lem Moḥammed al-Ghazālī) - (Pdf)

Ce lieu est en cours de réfection et transformé en mosquée. Le Maroc va même affirmer son indépendance vis-à-vis des turcs ottomans 6. Plus que de décrire et parler de la voie et de son but, le maître va opportunément enseigner comment la vivre, comment parvenir à son terme. Ces ouvrages fournissent également tout un ensemble de renseignements techniques très précieux et permettent de transmettre certaines connaissances que la voie orale a parfois perdues 8.

Sous la direction de R. Chabry et présentée par M. Le maître al-Khawwaç insiste sur sa fonction ; rendre ses disciples indépendants, lorsque le Maître est en toi, dit-il, tu deviens libre et indépendant des conditions extérieures.

La miséricorde divine étant infinie, par nature elle est opérative indépendamment de tout cadre extérieur restrictif. Les perles du plongeur, un titre évocateur de la méthode initiatique par excellence. Ne pas abandonner son emprise sur le Soi 12 constitue le jnâna connaissance. Les différents éléments de ce symbolisme nous indiquent les fondements de la méthode centrale et commune à toutes les voies initiatiques. Cette faculté est le mental, toute méthode initiatique au fond est basée sur le renoncement à celui-ci et par voie de conséquence à ce qui constitue le fondement de notre individualité.

Ces rapports linguistiques ouvrent le champ des ichara indications subtiles propres à la langue elle-même.

Nous espérons seulement être un jour digne de pouvoir, par notre propre travail, leur exprimer à tous notre gratitude. Nous limiterons ici notre introduction bien que nous soyons conscients des nombreux thèmes doctrinaux développés au cours des réponses du maître. Il est galement certain que Ghazl, dans le Michkt al-Anwr que nous tudions plus loin, s'est souvenu de Frb et d'Avicenne.

Le rle assign par Ghazl au Coran, qui est pour l'oeil de l'intelligence ce qu'est la lumire du soleil pour l'oeil externe , est en effet le mme que celui de l'Intellect Agent, qui fait passer les intelligibles de la puissance l'acte.

De mme la classification des facults de l'me 13 humaine par Avicenne et son interprtation du Verset de la Lumire dans son ptre sur la Prophtie et dans ses Directives et Remarques seront reprises avec une autre terminologie et dans un esprit diffrent par Ghazl. La thorie du miroir de l'me est galement un bien commun la philosophie arabe et la spiritualit islamique que Ghazl a revivifie. Ajoutons, pour terminer, que dans l'univers d'un noplatonicien ou d'un musulman il n'y a pas place pour la contingence absolue : pour le premier, l'tre concret est un possible ralis, donc ncessaire et ncessit par l'tre ncessaire par Soi , pour le second, le destin de chaque homme a t crit par la Plume divine.

Un tel univers est celui de l'esprance, de l'ascension spirituelle et du retour au Principe. Ghazl et les ismaliens L'engouement pour la philosophie dtournait les musulmans de la pratique de la religion et des obligations cultuelles.

Sa prtention de pouvoir soumettre la discussion, au raisonnement et la dmonstration les vrits fondamentales de la foi reprsentait un rel pril pour l'Islam. Ghazl avait sap le crdit des philosophes et montr que leurs prtentions la connaissance certaine taient sans fondement et totalement injustifies. Mais des musulmans cette fois reprsentaient pour la foi sunnite un autre danger et revendiquaient pour eux seuls la possession de la certitude et de la vrit : il s'agissait des ismaliens.

Ghazl composa plusieurs rfutations de leur doctrine. La qute personnelle de Ghazl et son dsir de combattre tout ce qui n'tait que fausset, erreur, illusion et vain dogmatisme, trouvaient ainsi l'occasion de s'exprimer.

Rappelons simplement que, pour les chiites, les descendants d'Ali et de Ftima, la fille du Prophte, sont les seuls pouvoir revendiquer lgitimement la direction de la Communaut musulmane et en tre les Imms. Les califes omeyyades et les califes abbssides n'ont donc t que des usurpateurs. Le vritable guide spirituel de l'Islam est un Imm, mme s'il reste cach et doit vivre dans la clandestinit.

A partir du sixime Imm, Jalar al-diq, les chiites se sont diviss. La dynastie des Ftimides d'gypte prtendait se rattacher aux ismaliens. Hasan s'emparait de la forteresse d'Alamt, situe au coeur de l'Elbourz. Le Mustazhhir traite de la fonction califale, dont la ncessit est conforme aux exigences de la Loi rvle, de la raison et de la nature des choses.

Il dfinit les conditions d'investiture du calife, ses qualits requises, et galement ses devoirs. Mais ce qui nous parat plus intressant c'est la rponse que fournit Ghazl la prtention des ismaliens d'tre les seuls pouvoir apporter aux hommes la certitude.

Leur thse peut se rsumer de la faon suivante : dans l'obligation de discerner la vrit de l'erreur, l'homme peut recourir sa raison ou demander autrui de l'instruire. Mais la connaissance de la vrit ne peut s'obtenir par la spculation et le jugement. Nous ne saurions exposer ici dans le dtail la rfutation point par point que Ghazl a dveloppe dans le Mustazhhir d'abord et dans plusieurs autres de ses ouvrages. Il y a des domaines o la vraisemblance suffit. Le domaine propre de la certitude est celui qui est dlimit par la chahda, le tmoignage de la foi musulmane, qui atteste que : Il n'y a d'autre dieu que Dieu, et Muhammad est l'Envoy de Dieu.

Si l'on porte un jugement de vracit sur Muhammad, tout le reste en dcoule par simple soumission son autorit, par croyance non raisonne tagld , ou bien avec certitude par la connaissance fournie par la chane ininterrompue de la tradition khabar mutawtir , ou bien par vraisemblance partir d'une tradition isole khabar whid. Si les ismaliens sont des Talimiyya , ils sont galement des Btiniyya , c'est--dire des intrioristes , des sotristes, qui soumettent les critures, Coran et Sunna, une interprtation ta'wl donnant la prfrence au sens intrieur et cach btin , au dtriment du sens littral de la Rvlation et de la Tradition.

On aboutissait ainsi aux mmes consquences graves que par l'adhsion aux thses des philosophes. Ghazl se devait donc de combattre cette autre forme d'impit. H le fit en montrant que dans la mesure o une certaine interprtation selon le sens cach peut tre exacte, le sens littral reste toujours vrai et contraignant.

Le sens intrieur n'est admissible que si existe entre le sens littral et lui une correspondance symbolique naturelle ou indique par la Tradition. Nous retrouverons ces considrations dans le Michkt al-Anwr. Nous n'entrerons pas dans la discussion entre ceux qui veulent trouver dans les circonstances politiques d'alors la raison dterminante de ce dpart et ceux qui y voient avant tout l'aboutissement logique de la crise intrieure dcrite par Ghazl lui-mme dans son Munqidh.

Encore une fois nous renvoyons aux ouvrages de Farid Jabre et d'Henri Laoust, que nous indiquons dans notre bibliographie. Il est vraisemblable que la mort de son protecteur et ami, Nizm al-Mulk, ainsi que le danger pour sa vie que lui faisaient courir ses attaques contre les ismaliens, aient ajout son dsarroi moral et l'aient pouss ne plus diffrer davantage la dcision grave de se retirer du monde, dcision laquelle il songeait sans doute ds l'instant qu'il avait compris que seul le soufisme apaiserait sa soif de certitude vcue intrieurement.

Ghazl nous confie que c'est par une lumire que Dieu lui projeta dans le coeur qu'il avait repris confiance dans les donnes des sens et de la raison. Cette lumire allait lui permettre, comme nous l'avons vu, de rfuter les erreurs des philosophes et des ismaliens et de dmontrer que leurs prtentions la vrit et la certitude taient non fondes et injustifies. Les deux autres catgories de chercheurs mentionnes par Ghazl dans son Munqidh taient celle des thologiens dogmatiques mutakallimn et celle des soufis.

Il est important de noter que Ghazl, qui crivit lui-mme des ouvrages de thologie, se dclare insatisfait par le Kalm. Ce n'est ses yeux qu'un simple systme de dfense de la vrit. Sa valeur est relative, car btie sur des 17 postulats trangers la Rvlation. Enfin son pouvoir de conviction n'avait pas prise sur ceux qui voulaient baser leur savoir, non sur des postulats, mais sur des connaissances ncessaires et.

Restait pour Ghazl la catgorie de chercheurs reprsente par les soufis. Au moment o il en abordait l'tude, il nous dclare que trois vrits seulement taient solidement ancres dans son me : une foi certaine mn yaqn en Dieu, en la Prophtie, et au Jour Dernier. Il lui apparut clairement alors que pour obtenir la batitude future, il n'y avait pas d'autre moyen que la pit taqw et la matrise des passions, et que cela dpendait uniquement de la rupture des liens du coeur avec le monde Ce qui avait commenc pour Ghazl par une crise intellectuelle, rapidement surmonte, s'achevait maintenant par une crise morale.

Il avait trouv la Voie, mais retenu par l'attrait du monde il hsitait la suivre. Cela dura plusieurs mois et s'aggrava au point qu'il avait perdu l'usage de la parole et ne pouvait plus enseigner, et qu'il n'absorbait plus aucune nourriture. Jusqu'au moment o Dieu, venant son secours, lui donna enfin le courage de tout abandonner. Il aurait sjourn d'abord Damas dans une madrasa chafiite o il se consacrait la mditation et aux exercices de pit, tout occup purifier son me, duquer son caractre, et polir son coeur pour l'invocation dhikr de Dieu , conformment l'enseignement des soufis.

L'Ihy, dsign ainsi en abrg en raison de sa clbrit, constitue en effet une vritable somme du savoir religieux en mme temps qu'un guide de la vie spirituelle. C'est ce dernier aspect que nous nous attacherons, bien qu'on puisse, comme l'a fait Henri Laoust, l'tudier en tant que trait de morale sociale, trait d'thique politique, manuel de hisba, c'est--dire de censure des moeurs, ou encore comme manuel d'endoctrinement religieux et politique.

L'Ihy se compose de quatre sections, chacune se divisant en dix livres ou chapitres. La premire section traite des ibdt, c'est-dire des obligations cultuelles ou devoirs envers Dieu.

La deuxime section dfinit les dt, les coutumes ou usages traditionnels, comprenant un certain nombre de rgles de convenance ida concernant, par exemple, la nourriture, le mariage, l'acquisition des biens ncessaires la subsistance matrielle. La troisime section, qui commence par Les merveilles du coeur et le chapitre de L'entranement spirituel , porte le titre de muhlikt, littralement celles qui perdent , autrement dit les actions nuisibles l'homme nes des dfauts et des vices, tels que la concupiscence, la colre et l'envie.

La dernire section traite des munjiyt, c'est--dire des vertus religieuses qui sauvent , constituant autant de stations maqmat successives : repentir, puis constance et reconnaissance, ensuite crainte et esp- 19 rance, pauvret et renoncement, la foi en Dieu et la confiance, aboutissant l'amour de Dieu. Ce qui fait de l'Ihy un guide de la vie spirituelle, c'est qu'il a t conu sous l'angle de la science de l'action ilm al-mu 'mala plutt que sous celui de la science du dvoilement ilm al-mukchafa , suivant en cela, nous dit Ghazl, l'exemple des prophtes qui n'en ont parl que par allusion et en utilisant un langage symbolique car elle est hors de porte de la comprhension des hommes , bien qu'elle soit le but atteindre et que la science de l'action soit la voie enseigne par les prophtes pour y parvenir.

Mais elle n'est pas non plus, selon la conception qu'en a Ghazl, le point final de la vie spirituelle, ni ici-bas, ni dans la Vie future. C'est peut-tre ce qui caractrise le plus la spiritualit ghazlienne. La ma'nfa s'opre par une exprience intime dhawq , mais elle n'est que le germe qui se transformera en contemplation muchhada dans l'Autre Monde, comme le noyau qui devient un arbre.

Le Tabernacle des Lumières

Il y aura alors la vision batifique ru'ya , qui est la perfection de la connaissance par dvoilement kachf. La ma'nfa, selon Ghazl, est d'abord foi et croyance, et elle commence par un jugement de vracit tadq. Elle devient ensuite une certitude yaqn de plus en plus forte. Cette certitude engendrera ncessairement la crainte La station de la constance, acquise partir de celle de la crainte et de l'esprance, mnera celles de la lutte spirituelle, de l'vocation et de la pense constantes de Dieu.

L'amour non plus, dans cette perspective ghazlienne, n'est pas la dernire des stations spirituelles, puisqu'il ajoute Tel est l'ordre du parcours des tapes de la Religion Ihy, IV, p. En vritable directeur spirituel murchid , Ghazl traite la question des rgles suivre dans le parcours de la Voie adab al-sulk par le novice murd ou adorateur de Dieu bid.

Sans entrer dans le dtail, mentionnons seulement l'importance qu'attache Ghazl la pratique des obligations cultuelles et des oeuvres surrogatoires, ainsi qu' la rcitation coranique, celle du chapelet wird , et invocation de Dieu dhikr.

Transféré par

Le but en effet de toutes ces pratiques rituelles, jointes aux actes d'obissance, est, dit-il, de polir le miroir du cur. Il y a un rapport mystrieux entre le corps et l'me, et ce qui purifie le corps, par les ablutions et les gestes physiques de la Prire rituelle ainsi que par la prononciation des paroles sacres, aide l'me se purifier de la rouille qui ternit le miroir du coeur et qui l'empche de reflter la Vrit.

Ghazl prcise qu'il ne suffit pas que le miroir soit net, car il doit tre convenablement orient, pour pouvoir donner une image. Notons, pour terminer, qu'il distingue quatre degrs dans l'action purificatrice : le corps est lav et rendu propre; les organes de l'action jawrih sont purifis des pchs commis ; le coeur est purifi des dispositions blmables et des vices hassables; enfin, 1' intime sirr de l'me doit tre purifi de tout ce qui n'est pas Dieu, et ceci est le degr de puret atteint par les prophtes et les justes iddqn Ihy, I, p.

Ghazl compo a de nombreux autres ouvrages pendant cette priode de retraite.

Dans AI-Maqad al-Asni 21 Ghazl donne un commentaire des Noms divins Al-Asm al-Husn avec une introduction sur le problme dbattu entre les thologiens de la fameuse distinction entre le nom, le nomm et la dnomination. C'est aussi pour lui l'occasion de prciser comment il faut comprendre l'appropriation par l'homme des caractres divins. A partir d'exemples d'argumentations coraniques, Ghazl retrouve les lois de la dmonstration logique, mais en utilisant une autre terminologie que celle des philosophes.

La reprise de l'enseignement et la direction spirituelle : de C'est dans le rcit autobiographique du Munqidh que nous trouvons l'explication du retour de Ghazl la vie publique. Devant le spectacle d'un Islam livr aux mauvais savants , juristes et thologiens ne songeant. C'tait pour lui un devoir sacr et mme une mission. Les conseils de ses amis, et mme certains rves prmonitoires le dsignant comme le rnovateur attendu selon la tradition qui dit que Dieu enverra au dbut de chaque sicle un homme qui rnovera l'Islam , et la mditation de certains versets coraniques, tout ce faisceau de raisons le convainquit d'accepter la demande de reprendre son enseignement, que lui adressait providentiellement Fakhr al-Mulk, vizir du sultan Sanjar Nishpr.

Il s'y rendit donc, pour prendre la direction de la Nizmiyya, quelques semaines avant le dbut du sixime sicle de l'Hgire. Il est probable que Ghazl, aprs la disparition de son protecteur, ne resta pas longtemps Nishpflr, prfrant poursuivre son enseignement du droit Ts, o il retourna dfinitivement une date qui reste imprcise.

C'est pour eux qu'il rdigea ce qui fut sans doute sa dernire oeuvre, l'Itinraire des Adorateurs de Dieu Minhj al-Abidn. Nous avons, tout au long de cette Introduction , indiqu les grandes lignes du Munqidh et les thmes traits par Ghazl dans son autobiographie. Cela nous dispense d'y revenir.

Nous voudrions seulement dire quelques mots du chapitre concernant la Prophtie nubuwwa , qui fait suite celui du soufisme. Il avait en effet reconnu, pendant sa priode de retraite, que, dans le cas des soufis, tout en eux, comportement extrieur et vie intrieure, provenait du Tabernacle ou de " la Niche " de la Prophtie michkt al-nubuwwa , et qu'il n'y avait pas sur cette terre d'autre lumire pour s'clairer.

Il lui fallait donc rpondre ceux qui doutaient de la possibilit de cette connaissance prophtique, de son existence et de son attribution une personne dtermine, en l'occurrence Muhammad. L'on retrouvera dans le Michkt un certain nombre d'expressions utilises ici par le matre : l'enfant commence par connatre par le sens du toucher, puis par la vue, ensuite par l'oue, jusqu' ce qu'il dpasse le domaine 23 sensible. C'est vers l'ge de sept ans qu'apparat en lui la facult de discernement tamyz.

C'est pour lui une nouvelle " phase " tawr , puisqu'il a accs des choses qui ne se trouvent pas dans le monde des sens. Puis surgit en lui une autre " phase " plus leve, celle de la raison agi , par laquelle il est apte saisir les choses " ncessaires ", " possibles ", ou " impossibles ".

Bien plus que des documents.

Et au-del de la raison existe encore une autre " phase " ; un autre "oeil " s'ouvre alors, qui voit le monde cach ghayb et ce qui arrivera dans l'avenir, entre autres choses dont la raison est carte, tout comme la facult de discernement de l'enfant tait carte des connaissances intelligibles, et comme les sens l'taient des perceptions du discernement Ghazl prcise un peu plus loin : la prophtie dsigne une "phase " o l'homme acquiert un oeil dot d'une lumire spciale, et c'est dans cette lumire qu'apparaissent le monde cach ainsi que des choses que la raison n'atteint pas.

La possibilit de la connaissance prophtique, et, par voie de consquence, la croyance en la prophtie de Muhammad, s'exprimente par la connaissance intime dhawq en suivant la voie du soufisme.

Sinon reste le jugement de vracit tadq port sur la connaissance que donne la tradition par une chane ininterrompue et multiple de rapporteurs tawtur et par la commune renomme.

Ghazl ajoute : Ayant compris ce qu'est la prophtie, si tu tudies d'une manire rpte le Coran et les traditions, tu sauras ncessairement que Muhammad avait atteint le plus haut degr de la prophtie. Si tu as recours, en plus, l'exprience de son enseignement sur les pratiques cultuelles et sur leur efficacit sur les coeurs, qu'elles rendent limpides Nous nous contenterons donc d'en mentionner rapidement le contenu.

Elle commence par une profession de foi, du type de la Risla Qudsiyya intgre l'Ihy, I, p. Mais cette foi doit se concrtiser par l'obissance Dieu et la justice adl envers les sujets. Si les prophtes enseignent comment adorer et servir Dieu, les rois, eux, sont chargs d'empcher les hommes de commettre des injustices.

Ghazl insiste sur le rle et l'importance du vizir, qui doit avoir la plus entire confiance du sultan, ainsi que sur la place tenue par les secrtaires de chancellerie kuttb. A noter galement la recommandation de pacifisme que Ghazl adresse au vizir et, indirectement, au sultan. Le Mustaf, beaucoup plus technique, est un trait des fondements du droit ul al-fiqh , crit par un matre et un spcialiste de la question.

L'objet essentiel du Mustaf est ainsi rsum par Henri Laoust : Il s'agit de dfinir la notion de rgle de droit ou de statut lgal hukm , d'en chercher les fondements, d'en prciser les buts, et de tracer la voie qui permettra au " mujtahid" , au docteur de la Loi qualifi pour cet effort d'interprtation ijtihd , non seulement de rattacher la mme rgle de droit l'infinie diversit des cas concrets poss par la vie, mais encore de travailler l'laboration de la doctrine dans le cadre et les limites que la Loi lui assigne.

Les deux premires sources de la Loi sont le Coran et la Sunna, qui englobe tout le corps des traditions remontant au Prophte. La troisime source est constitue par le consensus communautaire Ume , dont Ghazali donne la dfinition suivante : C'est l'accord de la communaut de Muhammad en particulier, sur une question d'ordre religieux.

Ghazl y ajoute la raison, mais comme simple facteur de cohrence interne et ramene la simple prsomption de continuit istihb sur le plan temporel ou logique.

Voil donc, selon Ghazali, les quatre sources objectives de la Loi. L'interprte qualifi fera usage de sa rflexion personnelle pour tirer de ces sources, en se 25 fondant sur des preuves, les rgles de droit.

Et c'est ici qu'intervient le raisonnement analogique qiys , qui n'est pas admis par toutes les coles juridiques islamiques. Pour Ghazl, il consiste rechercher la cause illa d'une rgle de droit donne et tendre cette rgle tous les cas qui participent de la mme cause. A l'interprtation de la Loi par une personne autorise et qualifie, certains opposent le principe de l'acceptation d'une doctrine sans preuve taqld.

Lire et Télécharger - Tabernacle des Lumieres

Ghazl le condamne, sauf dans le cas du musulman ordinaire, oblig de s'en remettre un homme savant et honorablement connu. On voudra bien nous pardonner d'avoir tenu montrer tous les aspects de l'oeuvre de Ghazl. Elle constitue elle seule une vritable encyclopdie islamique. Elle forme un tout, et n'en mentionner qu'un domaine particulier, comme la spiritualit par exemple, c'tait prendre le risque de la dformer en masquant l'unit qui rside dans sa diversit mme. Le juriste, chez Ghazl, n'est pas sparable du penseur; l'adversaire des philosophes et des ismaliens est galement un homme de contemplation ; le thologien dogmatique, homme de dialectique, est le mme qui cherchait la certitude intrieure.

Ghazâlî - Le Tabernacle des Lumières.pdf

Ghazl fut ce que l'on pourrait appeler un musulman intgral, qui avait ralis la synthse harmonieuse entre l'amour de la Loi et l'amour de la Vrit, menant la Guerre sainte la fois contre lui-mme et contre les ennemis de l'Islam, et sacrifiant la paix de l'me, finalement atteinte, au sens de la solidarit communautaire. Par sa richesse et sa noblesse, la personnalit de Ghazl est l'une des plus attachantes de toute l'histoire de l'Islam.

L'occasion lui en tait fournie par un ami qui 26 le pressait de lui expliquer la vritable signification du Verset de la Lumire Coran, XXIV, 35 , et la tradition du Prophte sur les voiles de lumire et de tnbres. On y trouvera notamment une mtaphysique de la participation, un rappel de la doctrine de l'homme cr l'image de Dieu et de la correspondance entre l'homme-microcosme et l'Univers la base de sa thorie du symbolisme, ainsi qu'une classification des facults humaines de connaissance.

Mais tout cela s'articule autour de ce qui fait la cohrence et l'unit de ce petit trait, et qui en est l'ide fondamentale, savoir l'ascension spirituelle, qui couronne le premier et le dernier chapitre. Ghazl raffirme au passage certaines vrits qui lui sont chres et prcise une nouvelle fois sa position l'gard de la notion cruciale de fana, ou extinction , et dnonce, comme il l'avait fait dans l'Ihy et le Maqad, l'erreur des mystiques ou des extatiques tels qu'al-Hallj, qu'il classe parmi les soufis victimes de l'illusion.

Ghazl n'est donc pas un gnostique ni un panthiste , contrairement certaines interprtations qui ont t donnes de sa doctrine.